Un bureau avec un carnet, des post-it et une lampe chaude, prêt pour chercher des idées

Le traitement d'un scénario est un texte en prose qui raconte le film du début à la fin, au présent, avant ou à la place de la continuité dialoguée. Il se lit comme une nouvelle presque sans dialogue, en général de quelques pages, et donne à voir les personnages, les grandes séquences, le ton et la fin.

On l'écrit pour présenter un projet à un producteur, pour répondre à une commande, pour déposer un dossier d'aide à l'écriture, ou simplement pour vérifier qu'une histoire tient avant de s'engager dans cent pages de scénario. C'est souvent ce qu'un producteur demande après avoir aimé un pitch : il veut savoir si l'histoire entière tient debout.

Qu'est-ce qu'un traitement au cinéma ?

Le traitement est l'étape intermédiaire entre le pitch et le scénario : plus long et plus vivant qu'un synopsis, plus court et moins détaillé que la continuité dialoguée. Il couvre toute l'histoire en prose, organisée par actes ou par grands mouvements, et fait sentir ce que sera le film à l'écran.

Le mot recouvre des réalités variées. Un producteur appellera traitement un texte de deux pages ; un autre attendra vingt pages avec quelques répliques. Pour un documentaire, le traitement décrit plutôt le sujet, l'accès aux personnes filmées, le dispositif et le style visuel qu'une intrigue. Quand on vous demande un traitement, demandez la longueur et l'usage prévus.

En France, le traitement fait souvent partie du dossier de présentation d'un film, avec le synopsis, la note d'intention et, selon les cas, une note de réalisation. Les aides à l'écriture du CNC et des régions examinent fréquemment des projets à ce stade, celui du synopsis développé ou du traitement.

Traitement, synopsis, séquencier : les différences

Ces documents racontent tous l'histoire avant le scénario, mais chacun s'adresse à un lecteur différent et sert à autre chose.

  • Le synopsis : d'une demi-page à une page, qui résume l'intrigue et la fin. Voir comment écrire un synopsis.
  • Le traitement : plusieurs pages de prose narrative, avec les séquences clés, le ton et les personnages, écrites pour être lues avec plaisir par quelqu'un d'extérieur au projet.
  • Le séquencier : la liste de travail des séquences, numérotées, écrite pour l'auteur plutôt que pour un lecteur extérieur. Voir notre guide de la trame narrative.
  • La continuité dialoguée : le scénario complet, séquence par séquence, avec les dialogues, dans la mise en page d'un scénario.

Quelle longueur pour un traitement ?

Le traitement d'un long métrage fait en général entre 2 et 15 pages, et beaucoup de traitements de travail tournent autour de quelques pages à une dizaine. Les traitements courts vendent une idée ; les plus longs, parfois 30 pages ou davantage, s'écrivent quand un producteur ou une commission veut voir toute l'histoire construite avant de financer l'écriture du scénario.

Il n'y a pas de règle fixe. La bonne longueur est la plus courte qui raconte toute l'histoire sans perdre le ton. Pour un court métrage, une ou deux pages suffisent le plus souvent. Si un règlement impose une longueur ou un nombre de signes, respectez-le à la lettre.

Ce que contient un traitement

Modèle de traitement (PDF, en anglais)Les cinq parties, avec une question pour chacune. Gratuit, sans inscription

Modèle de traitement (texte brut, en anglais)À coller dans Google Docs, Word ou le plan de votre projet Scenaloom

Aperçu de la page 1 : modèle de traitement (PDF, en anglais)
  1. Le titre et le pitch : le titre provisoire et une phrase qui résume le film, en tête du document. Voir comment écrire une logline.
  2. Les personnages principaux : un court paragraphe pour chacun des deux à quatre personnages importants, qui ils sont, ce qu'ils veulent, ce qui cloche chez eux.
  3. Le cadre et le ton : où et quand se passe l'histoire, et ce qu'on ressent en la regardant, en une ou deux phrases plutôt qu'en un exposé.
  4. L'histoire, acte par acte : l'essentiel du document, en prose au présent, en laissant de la place aux séquences clés.
  5. La fin, toujours. Un traitement qui cache sa fin ne peut pas être évalué.

Certains traitements ajoutent quelques lignes sur le thème, ou sur ce qui vous lie à cette histoire ; c'est plutôt le rôle de la note d'intention dans un dossier d'aide. Si la personne qui vous demande un traitement vous donne un format, suivez-le.

Comment écrire un traitement

Pour écrire un traitement, partez d'un pitch solide et d'une liste des grandes étapes de l'histoire, puis racontez le film au présent et à la troisième personne, en donnant le plus de place aux séquences qui font basculer l'histoire et en décrivant ce que le spectateur voit et entend.

  1. Fixez d'abord la structure. Connaissez votre élément déclencheur, vos tournants, le milieu et le climax ; un beat sheet, la liste des temps forts, est un bon point de départ.
  2. Écrivez au présent : « Martine détache la navette », pas « Martine détacha la navette ». C'est la même convention que dans un scénario.
  3. Écrivez pour l'œil. Décrivez ce qu'une caméra pourrait filmer et un micro enregistrer, plutôt que ce que les personnages pensent en secret.
  4. Développez les séquences clés. Donnez un paragraphe à chaque tournant et résumez en une phrase ce qui les relie.
  5. Dosez le dialogue. Une ou deux répliques suffisent à faire entendre une voix, mais un traitement n'est pas un scénario.
  6. Faites passer le ton du film dans la prose. Le traitement d'un film d'horreur doit mettre mal à l'aise ; celui d'une comédie doit faire sourire.
  7. Présentez chaque personnage important en capitales à sa première apparition, avec un âge ou un trait qui le définit.

Exemple de traitement

Ce court traitement est original et a été écrit pour ce guide. Il correspondrait à un court métrage de douze à quinze minutes.

La Dernière Traversée

Pitch : une pilote de navette lacustre qui n'a jamais manqué une traversée doit décider si elle enfreint le règlement quand une inconnue sans billet lui dit qu'elle doit atteindre l'autre rive avant le jour.

MARTINE ROCHE (55 ans) assure depuis vingt ans la dernière navette du soir sur le lac des Sorbiers, en Haute-Savoie. Précise, fière et seule, elle tient un carnet de bord qui ressemble à ce qu'elle a de plus proche d'un compagnon. Ce soir, le brouillard a envahi le lac et la capitainerie ordonne l'arrêt de toutes les traversées.

Alors que Martine amarre la navette, LÉA (20 ans) dévale le ponton en robe de cérémonie et en baskets boueuses. Elle n'a pas de billet et refuse de dire pourquoi elle doit être de l'autre côté avant le lever du soleil ; un éboulement a coupé la route du tour du lac. Martine refuse. Léa s'assoit sur le ponton et ne bouge plus.

Pendant une heure de face-à-face, les deux femmes tournent autour de la vérité. Martine apprend que le frère de Léa se marie le lendemain matin sur l'autre rive, et que Léa a quitté l'enterrement de leur mère il y a deux ans sans lui adresser la parole depuis. Léa apprend que Martine a manqué une traversée, une seule : la nuit où sa propre sœur avait besoin d'elle.

Martine détache la navette. La traversée est lente, aveugle ; la radio grésille des avertissements de la capitainerie, jusqu'à ce que Martine l'éteigne. À mi-chemin, le moteur cale. Dans le silence, elles entendent les cloches d'un village sur l'autre rive. Martine et Léa font le reste du trajet aux avirons de secours.

Aux premières lueurs, Léa saute sur le ponton et court vers les cloches. Martine reste à la barre, ouvre son carnet de bord et, pour la première fois en vingt ans, n'y écrit rien.

Cet exemple raconte toute l'histoire en moins de 350 mots, révèle les personnages par leurs actes, donne un paragraphe à chaque tournant et se termine sur une image plutôt que sur une explication.

Les erreurs fréquentes dans un traitement

  • Écrire un argumentaire commercial au lieu d'une histoire : des adjectifs sur le film « bouleversant » à la place des événements.
  • Détailler le passé des personnages sans que cela rejoigne jamais l'intrigue.
  • Donner des indications de caméra. Décrivez ce qu'on voit, pas comment on le filme.
  • Mettre trop de dialogues. Si le traitement devient un scénario, écrivez le scénario : voir écrire un scénario.
  • Oublier la fin, ou la laisser dans le flou.
  • Confondre traitement et note d'intention. Le traitement raconte le film ; la note d'intention dit pourquoi vous voulez le faire.

Écrire votre traitement dans Scenaloom

Dans Scenaloom, le plan de chaque projet est un texte enrichi : vous pouvez rédiger le traitement à côté des temps forts et du tableau de scènes qui deviendront le scénario. L'Univers, la bible de l'histoire, garde le pitch et les notes sur les personnages, que Scenaloom AI lit quand vous lui demandez de l'aide, et le plan s'exporte avec le scénario. Voir plan et temps forts ou commencer un projet.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un traitement de scénario ?

C'est le récit en prose de toute l'histoire d'un film, écrit au présent, qui se situe entre le synopsis et la continuité dialoguée. Il décrit en quelques pages les personnages principaux, les séquences clés, le ton et la fin, et sert à présenter un projet ou à préparer l'écriture du scénario.

Combien de pages doit faire un traitement ?

Le traitement d'un long métrage fait en général entre 2 et 15 pages, et certains traitements de développement dépassent 30 pages. Pour un court métrage, une ou deux pages suffisent le plus souvent. Si un producteur ou une commission fixe une longueur, respectez-la exactement.

Y a-t-il des dialogues dans un traitement ?

Très peu, voire aucun. Le traitement raconte l'histoire en prose descriptive, et une ou deux répliques n'apparaissent que là où elles font entendre la voix d'un personnage ou marquent un moment clé. Quand un traitement se remplit de dialogues, c'est souvent le signe qu'il est temps d'écrire le scénario.

Quelle différence entre un traitement et un synopsis ?

Le synopsis est un résumé court de l'intrigue, une page ou moins, qui donne les grands tournants et la fin. Le traitement est plus long, plusieurs pages, et raconte l'histoire de façon plus vivante, séquence par séquence, en faisant sentir le ton et les personnages autant que les événements. Les deux révèlent la fin. Voir comment écrire un synopsis.

Que contient un dossier de présentation de film ?

Le plus souvent une page de titre, un pitch, un synopsis, un traitement ou une continuité dialoguée selon l'avancement, une note d'intention de l'auteur et une présentation de l'équipe. Chaque producteur, festival ou commission a ses exigences : lisez le règlement avant de monter le dossier.

Faut-il écrire un traitement avant le scénario ?

Ce n'est pas obligatoire, et beaucoup d'auteurs passent directement du séquencier à la continuité dialoguée. Le traitement devient utile quand on vous le demande, quand vous cherchez un financement avant l'écriture ou quand vous voulez vérifier que l'histoire tient avant de vous lancer dans le scénario complet.