Un cold open, ou séquence pré-générique, est une scène d'ouverture qui lance l'histoire avant tout générique et toute mise en place, et plonge le public dans un problème déjà en marche. Last Call, l'un de nos six exemples écrits en anglais, en est un modèle : l'accroche tombe en moins d'une page.

Qu'est-ce qu'un cold open ?

À la télévision, c'est la scène qui passe avant le générique de début ; dans un long métrage, c'est une première scène qui retient le contexte et oblige le lecteur à rattraper l'histoire en marche. En France, on parle volontiers de pré-générique, mais le terme anglais s'est imposé dans le vocabulaire des séries.

Un cold open échange l'explication contre une question à laquelle le public a besoin d'une réponse, et il s'arrête au moment précis où cette question tombe.

Comment fonctionne ce pré-générique, temps fort par temps fort

Last Call ne perd pas une ligne à expliquer comment Mara en est venue à tenir ce diner américain ouvert toute la nuit. Dès la première ligne d'action, Mara « essuie un comptoir déjà propre » : on comprend qu'elle attend quelque chose, sans un mot sur son passé.

  1. L'entrée pose une question. Jonas tient un sac en papier « comme s'il allait le mordre ». On ignore ce qu'il contient ; on sait seulement qu'il en a peur.
  2. La révélation fait monter les enjeux. Les billets se répandent sur le comptoir, et « Ça, c'est pas de l'argent pour un café » (That's not coffee money) transforme la conversation anodine en problème.
  3. Le retournement change tout. « Ton père est mort il y a six ans. » / « Alors qui m'a donné ça ? » La vraie question arrive dans les deux dernières répliques.
  4. Une pression extérieure clôt la scène. Des phares s'arrêtent devant la vitre, et SMASH CUT TO: nous jette dans la cuisine, en pleine fuite. Le pré-générique s'arrête au sommet de la tension, pas après.

Remarquez ce qui manque : aucun nom de ville, aucune explication sur le père de Jonas. Le scénario fait confiance au lecteur pour se pencher en avant.

Mise en page

Un scénario de long métrage n'annonce pas son cold open : le premier en-tête de scène démarre simplement en pleine action. Les scénarios de série le signalent en général, avec COLD OPEN en tête et END OF COLD OPEN là où passerait le générique ; dans une série française, on écrit volontiers PRÉ-GÉNÉRIQUE. Notre page sur l'épisode pilote montre où il se place dans la structure en actes.

PRÉ-GÉNÉRIQUE

INT. GARE ROUTIÈRE - NUIT

Un distributeur imprime ticket sur ticket. Personne devant.

ODILE (40 ans), la gardienne de nuit, pose son thermos.

ODILE
Ça recommence.

FIN DU PRÉ-GÉNÉRIQUE

Les transitions franches comme SMASH CUT TO: (on dit aussi « cut sec ») se placent à droite, sur leur propre ligne ; réservez-les aux coupes qui sont elles-mêmes le choc, comme ici. Dans Scenaloom, la transition est un élément typé qui s'aligne tout seul (voir la mise en forme), et le guide du format scénario couvre tous les autres éléments.

Les erreurs fréquentes

  • Ouvrir sur la météo. Un orage ou une ligne d'horizon, c'est une atmosphère, pas un problème. Il pleut dans Last Call, mais la scène commence quand la clochette de la porte retentit.
  • Expliquer trop tôt. Si un personnage résume le passé dès la première page, le pré-générique est devenu de l'exposition.
  • Dépasser l'accroche. Finissez sur la question : la réponse appartient à la scène suivante.

À vous : écrivez votre pré-générique

  1. Choisissez le moment où le problème de votre histoire devient impossible à ignorer, et commencez juste avant.
  2. Donnez à un personnage un objet ou une réplique qui pose une question, comme le sac de Jonas. N'écrivez aucun passé.
  3. Coupez au sommet de la tension, en moins d'une page. Ouvrez Last Call comme votre propre projet dans l'éditeur de scénario et réécrivez-le avec autre chose dans le sac.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un cold open dans une série ?

Dans une série, le cold open (ou pré-générique) est la scène, ou la suite de scènes, qui passe avant le générique de début pour accrocher le spectateur avant que l'épisode proprement dit commence. Il fait souvent une à trois pages, peut être autonome ou lancer l'intrigue principale, et s'arrête sur le générique ou la première coupure. Les scénarios anglo-saxons le signalent par COLD OPEN ou TEASER, les scénarios français par PRÉ-GÉNÉRIQUE.

Comment écrire un cold open ?

Commencez à l'intérieur du problème, pas avant. Choisissez le moment où l'ennui arrive, ne faites entrer que les personnages nécessaires pour le ressentir, donnez-leur un objet concret ou une réplique qui pose une question, et coupez au sommet de la tension. Gardez le passé pour les scènes suivantes : le pré-générique fonctionne parce que le public rattrape l'histoire.

Quelle doit être la longueur d'un cold open ?

La plupart font entre une demi-page et trois pages environ, soit de trente secondes à trois minutes à l'écran. Last Call place son accroche en moins d'une page. Si le vôtre est plus long, vérifiez que les premières lignes ne sont pas de l'explication dont la scène n'a pas besoin.